Livret A et LDD : quand le doublement des plafonds fait des émules


Lors de sa campagne présidentielle, François Hollande avait annoncé le doublement des plafonds des livrets réglementés que sont le Livret A et le Livret Développement Durable (LDD). L’effet de cette annonce fait des émules auprès des différents acteurs économiques. En effet du coté des épargnants la nouvelle est bien accueillie tandis que la banque assurance grince des dents.
Concrètement les plafonds des livrets seront portés de 15300€ à 30 600€ pour le Livret A et de 6000€ à 12 000€ pour le LDD. Il faut noter que ces deux livrets sont défiscalisés et leur taux de rémunération actuel est de 2,25% net.

Pour bien comprendre la porté d’une telle mesure, il faut savoir à quoi est destinée l’épargne de ces livrets défiscalisés. L’épargne des particuliers collectée par les établissements bancaires ne dort pas réellement sur les comptes. En réalité elle sert au financement de l’économie française. La Caisse des dépôts centralise l’épargne issue du Livret A et du LDD et prête une partie de ce capital à l’Etat. Ce dernier investit dans la construction des logements sociaux et finance les entreprises ainsi que les équipements écologiques.

Doubler les plafonds des livrets réglementés a une double conséquence à plus ou moins long terme. En ce qui concerne les épargnants, ils seront incités à délaisser l’assurance vie au profit du livret A ou du LDD. En effet l’assurance Vie a un taux moyen de rémunération (pour la plupart des contrats) de 3% brut, soit de 2,5% après les prélèvements sociaux. Les épargnants vont ainsi préférer transférer une épargne fiscalisée vers une rémunération non soumis à l’imposition. Il est clair qu’un effet de vase communiquant va se produire. Les spécialistes s’accordent à dire que l’Etat qui va perdre une partie de ses revenus issus de l’imposition sur les assurances Vie. Alors que d’un autre coté, l’Etat espère collecter davantage de fonds par le biais des livrets réglementés. Certains acteurs s’avancent à parler de « nouvelles niches fiscales ».
La situation est tendue chez les banques et assurances. La plupart des établissements bancaires pourraient se retrouver privés d’une partie de leur revenus du fait de la baisse des encourts des assurances Vie. Christian Noyer, président de l’Autorité régulatrice des banques, souhaite toutefois rassurer les banques-assurances en leur laissant « le temps de s’adapter » à cette nouvelle mesure.

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